Voici un bel hommage écrit en août 2024 par notre ami Bertrand SIMON et lu à René qui l'avait écouté avec beaucoup d'émotion et l'avait gardé précieusement :
CAPITAINE,
C’est drôle, j’ai toujours pensé que les immeubles de nos villes étaient comme des bateaux échoués et que les architectes étaient les capitaines de ces navires.
Ils en imaginaient la structure, en conservaient l’usage et organisaient la construction et les chantiers dirigeant les équipes d'ouvriers et d’ingénieurs, tout comme les capitaines dirigeaient les équipages en menant les navires au bon port.
Les rues, les avenues, les impasses alignaient les bâtiments, les maisons, les garages, comme autant de vaisseaux immobiles.
Je voyais dans ces mondes échoués le reflet de nos illusions et nos ambitions. Les tours de la Défense, la grande arche, étaient les navires amiraux destinés à impressionner nos âmes crédules et prêtes à embarquer pour de nouveaux rêves et les toitures du musée Guggenheim à Bilbao ou de la tour Luma à Arles me rappelaient les voiles des terre-neuvas.
Au milieu de cette foule urbaine se glissaient les rafiots de contrebande du Mékong ou du Maroni, ces Squats hors la loi où s’épanouissait un monde créatif et cosmopolite.
Il fallait voir ces explorateurs des mers, ces marins portugais, découvrant les mondes nouveaux, les terres australes, maîtrisant les vents alizés et les courants marins, la Vuelta et la double Vuelta, découvrant toutes les îles de l’atlantique sud, les meilleurs navigateurs à l’estime partant sur des coques de noix, à la grâce de Dieu, pour découvrir un nouveau continent.
Ils étaient comme ces architectes et compagnons des cathédrales gothiques, ces immenses espoirs élevés vers Dieu cherchant et inventant à chaque étape de nouvelles solutions pour aller plus loin, plus haut.
Ces merveilles technologiques de la Renaissance associaient la connaissance et la foi, alliant un courage certain et une détermination sans faille.
Aux nouvelles routes de la mer et du monde résonnaient ces nouvelles routes vers le ciel.
Alors, quand je rencontre pour la première fois un architecte-marin aventurier, je ne peux m’empêcher de penser que la vie est bien faite.
UN NOUVEAU THOR HEYERDHAL SUR SON KON-TIKI
Il y a des rencontres au hasard indispensable.
Catherine, Brigitte et Thierry évoquaient les journées extraordinaires passées avec ce père original.
J’ai lu le livre de François-Marie, le formidable passeur d’Histoire, pour découvrir une aventure hors du commun faite de rencontres, de partages humains, de danger, de solidarité.
J’ai découvert grâce à eux un endroit merveilleux, un petit coin de Robinson Crusoé, une cabane à côté d’un lac caché dans une forêt comme un secret.
Le trésor si simple et si absolu, mon rêve d’enfant ; qui s’il ne peut pas devenir indien ou justicier sera le protecteur d’une nature fragile et intacte, le trésor du jardin de René.
Aujourd’hui, la famille, père, enfants, petits-enfants et arrière-petits-enfants se retrouvent au port d’attache, face à la mer, près du cœur et des souvenirs, non pas ceux qui enchainent, mais ceux qui nourrissent et soutiennent pour retrouver ces moments d’émotions et de partage autour des apéritifs ô combien précieux et réconfortants.
Les instants du cœur au-delà de l’aventure de la vie.