Doudoune ❤️
Le petit garçon que j’ai été serait terriblement en colère de devoir apprendre à vivre sans toi.
Mais l’homme que je suis devenu est triste. Forcément. Terriblement triste.
Et pourtant, cette résilience qui te faisait tant briller semble aujourd’hui rejaillir sur moi, d’une manière que je ne saurais expliquer.
C’est pour cette raison que je te fais la promesse de continuer à me battre pour la vie que je mérite, tout comme tu t’es battue pendant toutes ces années.
Mais je refuse que l’on résume ta vie à celle d’une battante ou d’une guerrière.
Parce que tu étais tellement plus que ça.
Tu étais avant tout une femme exceptionnelle, avec ton tempérament de feu. Impulsive, parfois maladroite, avec ton sacré caractère, mais tellement aimante et dévouée.
Dévouée à ton mari, à tes enfants, à tes petits-enfants. Toujours prête à sortir les griffes si l’un de nous avait le moindre souci.
Je me souviens même t’avoir dit je ne sais combien de fois : « Maman, s’il te plaît, tu dis rien ! »
Parce que je savais très bien que tu n’avais peur de personne, et que lorsqu’il s’agissait de ceux que tu aimais, rien ni personne ne pouvait t’arrêter.
Mais au-delà de cette femme extraordinaire, tu as surtout été une maman incroyable.
La plus belle maman que j’aurais pu espérer.
Tu as été là dans absolument tous les aspects de ma vie.
Des « petits Indiens », ces fameuses chatouilles que tu nous faisais quand on était gamins, jusqu’à ton légendaire « JE VEUX UN BISOU ! » prononcé d’une manière qui faisait presque peur.
Je me souviens aussi de cette fois où je t’ai engueulée parce que tous mes copains pouvaient faire le mur, sauf moi. Non pas parce que tu m’interdisais de sortir, mais justement parce que j’avais le droit de le faire, tant que la confiance était là.
Et toi, avec ton naturel désarmant, tu m’avais répondu : « Bah passe par la fenêtre de ta chambre si tu veux, mais tu me dis quand t’es arrivé ! »
C’était tellement toi.
Je pouvais tout te raconter. Absolument tout.
Ma première fois, le jour où je t’ai avoué que je fumais, la première fois où tu m’as vu complètement ivre… Tu as tout connu de moi, même les choses qu’on n’ose pas toujours raconter à sa mère.
Et puis il y avait toutes ces longues discussions sur la terrasse. À parler de tout, de rien, de mes amours, de mes emmerdes, de la vie.
Tu as même été là pour mon entreprise, toujours prête à me donner un coup de main. Bon, évidemment, on s’est parfois pris la tête devant ce putain d’ordinateur, parce que, paraît-il, je n’explique pas très bien !
Et des prises de tête, on en a eu. Parfois même de sacrément virulentes. Mais elles ne duraient jamais longtemps. On pouvait se dire les choses, se rentrer dedans, et s’aimer toujours autant après.
Parce que c’était ça, nous.
Tu n’as pas seulement été ma mère. Tu as été ma confidente, mon soutien, mon refuge, et parfois même ma meilleure amie.
Tu as été la mère la plus parfaite que j’aurais pu espérer. Pas parce que tu étais sans défauts, mais parce que tu étais exactement la maman dont j’avais besoin.
Et moi, depuis tout petit, je n’avais qu’une envie : te ressembler.
Être aussi fort que toi. Avoir ton courage, ta détermination, et cette capacité à toujours te relever, quoi qu’il arrive.
J’imagine qu’aujourd’hui, c’est chose faite. Et si c’est le cas, c’est grâce à toi.
C’est le cœur serré que j’écris ces lignes. À cet instant, je ne réalise toujours pas vraiment que tu es partie. Et je crois qu’une partie de moi ne le réalisera jamais complètement.
Parce que comment accepter l’absence de quelqu’un qui a toujours été là ?
Alors je vais continuer à te faire vivre. Dans mon cœur, dans mes souvenirs, dans ma façon d’être et dans tout ce que je construirai demain.
Je continuerai à transmettre les vraies valeurs humaines que tu as su m’inculquer. À aimer aussi fort que tu nous as aimés. À protéger ceux qui comptent pour moi, comme tu l’as toujours fait pour nous.
Et surtout, je continuerai à essayer de te rendre fière, de là-haut.
Qu’on croie ou non à une vie après la mort, il y a une chose dont je suis certain : ceux qu’on aime ne disparaissent jamais vraiment tant qu’ils continuent de vivre en nous.
Et toi, maman, tu vivras en moi pour toujours.
Le petit garçon que j’étais était heureux et fier de sa maman.
Et l’homme que je suis aujourd’hui l’est plus que jamais.
Je t’aime plus que tout.
J’espère te l’avoir dit assez souvent. J’espère surtout avoir réussi à te le montrer autant que tu me l’as montré.
Ton boulouk, ton fils.
Da Garan 🫶